La lutte Bleue/Rose

par Green

Dès la naissance, le fait d’être identifié comme homme ou femme conditionne non seulement nos choix et nos goûts, mais aussi la façon dont nous sommes vus et traités par la société. Les contraintes sociales sont, en effet, différentes selon le sexe et influencent également les expériences de vie des personnes. 

Pour savoir quelles sont ces divergences, d’un point de vue subjectif, je pense que la meilleure façon est d’interroger sur ces questions une personne de chaque genre, mais d’âge différent, pour avoir le point de vue de deux générations. Dans ce contexte, Stefania sera la représentante du genre féminin appartenant à la génération x et Sidney représentera le genre masculin et la jeune génération z.

Un premier domaine dans lequel il est possible de tester ces diversités est le milieu scolaire. Stefania est une herboriste et raconte que dans son travail, où la majorité des employés sont des femmes, elle ne trouve pas de grandes différences de traitement basées sur le genre. Malgré cela, elle explique qu’il reste de nombreuses limitations pour les femmes, par exemple sur des sujets comme la maternité et le congé parental.

Selon elle, la figure féminine n’est recherchée que lorsqu’elle est strictement nécessaire et ne peut donc pas être remplacée par la figure masculine. Pour les hommes, en effet, faire carrière reste plus simple et est considéré comme socialement acceptable, alors qu’au contraire, une femme qui passe beaucoup de temps hors de la maison est souvent qualifiée de mauvaise mère. En outre, il est très difficile d’aménager la carrière professionnelle avec la garde des enfants, et ce double travail n’a pas de juste reconnaissance sociale.

Sidney, au contraire, est étudiant à l’université, et, en parlant du contexte scolaire, il dit qu’il a l’impression que les professeurs sont plus stricts avec les garçons qu’avec les filles, puisqu’elles sont plus nombreuses parmi les élèves et les enseignants. Parmi les garçons, en revanche, il y a une compétition qui vise à obtenir les notes les plus basses pour s’adapter à la vision selon laquelle il est normal pour les garçons de se montrer plus rebelles que les filles, et c’est au contraire mal vu d’être le « premier de la classe ». De plus, il dit que les filles veulent montrer qu’elles sont autant à la hauteur que les garçons, ce qui pèse encore plus sur les différences de genre déjà présentes.

Un autre domaine, à mon avis intéressant à analyser, est celui des relations entre les deux sexes, tant en ce qui concerne l’amitié que l’intimité. Stefania dit qu’elle n’a aucun problème à se lier avec l’un ou l’autre des deux sexes, mais elle estime qu’avoir des amitiés avec des hommes est plus difficile, surtout des amitiés qui ne partent pas avec un autre  intérêt de la part de l’homme.

Elle raconte qu’elle ressent des pressions sociales basées sur le genre, mais aussi personnelles, dictées par les peurs que chacun a. Sur le plan social, les étiquettes de comportement représentent une contrainte très forte, car les filles sont plus contrôlées et limitées que les garçons, à qui tout est permis.

Stefania dit que selon elle, sortir de ces étiquettes est très complexe, car le conditionnement inconscient général et celui de l’éducation reçue par la famille est toujours présent, et également parce qu’être vu d’une certaine manière affecte ensuite tous les rapports interpersonnels, les rendant plus difficiles. Néanmoins, venir d’une famille rigide qui impose de nombreuses pressions conduit parfois la femme à mettre moins de limitations à ses enfants ensuite. Selon Stefania, il reste cependant des préoccupations « parentales » liées à la mentalité de la société et qui se traduisent souvent par une limitation des libertés des enfants indépendamment de leur sexe.

Du point de vue de Sidney, la société a du mal à accepter l’existence d’amitiés intergenre sans intérêt romantique caché. Pour lui, la plupart des hommes ont souvent des pensées qui vont au-delà de la simple amitié lorsqu’ils se rapportent au sexe opposé, mais que cela ne se traduit pas systématiquement par un intérêt romantique. Malgré cela, les motivations qui poussent un homme à interagir avec une femme sont souvent liées à un intérêt physique, contrairement à ce qui se passe pour les femmes qui, selon Stefania, sont souvent motivées par un intérêt platonique.

Au sein du groupe de garçons, les amitiés avec l’autre sexe sont souvent vues avec malice et poussent les hommes à rester entre eux : ceux qui ont des relations avec les filles sont considérés comme homosexuels ou comme un qui va avec tout le monde. 

En ce qui concerne les relations intimes, pour l’homme, avoir un nombre important de partenaires est considéré comme une fierté, même si de nombreuses pressions sociales subsistent également dans ce domaine. En effet, l’homme se sent toujours dans l’obligation d’offrir, d’être autonome, tant sur le plan économique que sur le plan des déplacements, car c’est ce qu’il faut pour conquérir une femme.

De plus, il existe aussi des pressions concernant les performances physiques qui sont alimentées par les deux sexes et qui peuvent avoir une composante parfois raciale. Un garçon noir se sentira dans le devoir de satisfaire le stéréotype sur certaines caractéristiques physiques associées à ses origines. En ce qui concerne le genre féminin, en revanche, la compétition est toujours présente pour l’aspect physique, considéré comme très important, mais elle est exaspérée dans certains contextes sociaux « élevés » où apparaître est tout ce qui compte. Les filles sont ensuite mal vues si elles ont plusieurs partenaires, car ce n’est pas considéré comme socialement acceptable.

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