Mon grand-père et ses souvenirs de guerre

par Alex Aguirre

Illustré par LPBJ

Mon grand-père a connu la guerre. Pas n’importe laquelle, la Seconde Guerre mondiale. Il est né en 1939 et avait 6 mois lorsque la guerre a commencé. Mon grand-père a quelques souvenirs de ce temps-là, pas grand chose mais de quoi en apprendre un peu plus sur ce qu’était Bordeaux à cette époque.

Il vient d’une famille nombreuse, bretonne, avec beaucoup de marins. Son père était infirmier et a été notamment médecin pour des navires marchands, n’ayant pas de réel médecin à bord. Il faisait par exemple partie des navires ramenant des bananes, ou encore de la morue jusqu’à Bordeaux. Par la suite, son père a été engagé en tant que chef infirmier pour la SNCF à la gare Saint-Jean de Bordeaux. Mon grand-père et sa famille habitaient donc près de la gare, dans une cité ouvrière. À cette époque, la gare et ses environs se situaient dans une zone occupée par les Allemands.

Mon grand-père a eu la chance d’avoir son père à ses côtés pendant la guerre puisque grâce à son statut d’infirmier pour la SNCF, il a été exempté. Son père était considéré comme un Monsieur. Ce n’était pas n’importe qui. C’était un homme très respecté de par son statut d’infirmier.

Parmi ses quelques souvenirs, il se souvient avoir habité à 300 mètres de l’économat de la SNCF. Sur le toit, les Allemands avaient installé une mitrailleuse. Ils faisaient souvent des essais avec des balles à blanc, mais parfois les tirs allaient jusqu’à casser les carreaux de la maison familiale. Derrière sa maison, il y avait une caserne de miliciens. Il n’habitait donc pas dans une zone facile à vivre.

D’ailleurs, sa grand-mère ne les appelait pas « les Allemands » mais les « Boches ». Celle-ci est née vers 1870, elle a connu la guerre franco-allemande de la même année et à cette époque-là ils étaient appelés ainsi.

Lorsque les Allemands venaient à la maison, car oui, cela arrivait souvent, sa grand-mère restait toujours derrière eux, de peur qu’ils ne volent les draps.

Mon grand-père se souvient avoir vécu les bombardements et avoir dû se cacher pour se protéger, comme ce que l’on peut voir dans certains films parlant de cette époque. Il n’a pas beaucoup de souvenirs de la guerre. Ce sont surtout des flashs qui lui apparaissent de temps à autre. Parfois lorsqu’il regarde un film évoquant cette période, d’autre fois en regardant les informations lorsqu’ils évoquent une guerre. 

Mon grand-père a 84 ans, et pourtant il a vécu à sa façon, de ses yeux d’enfant cette guerre. Ses souvenirs sont peut-être moindres, mais ils sont présents. Comme il me le dit, ce ne sont pas les souvenirs en tant que tels qu’ils lui restent mais les émotions qu’il a pu ressentir. La peur de la période, comme l’innocence de l’enfance.

Mon grand-père me parle souvent de son passé. Son travail, ses copains, son enfance ; et cette histoire en était une parmi tant d’autres qui sont à raconter.

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