Mis en avant

Pensez, osez, parlez !

Là est la première difficulté que l’on rencontre lorsque l’on souhaite s’exprimer en public : le public. J-P. Sartres lui-même disait que « l’enfer, c’est les autres », les autres qui vous jugeront, analyseront, qui décortiqueront vos dires pour les retourner contre vous, qui, par leurs expressions faciales vous diront « vas-y, c’est bien ce que tu dis, continue ! » ou au contraire « arrête le massacre ! heureusement que le ridicule ne tue pas ».

Mais savoir affronter son public n’est pas une mince affaire. Il faut faire preuve de pugnacité, de détermination et de confiance en soi. Si vous-même n’êtes pas intimement convaincu et persuadé de ce que vous avancez, comment d’autres pourraient-ils l’être ? 

Convaincre est tout un art, un art qui ne s’improvise pas. Cet art requiert du travail, de l’étude, du temps et de l’expérience car n’est pas bon orateur qui veut.

Pour savoir convaincre, il faut soit même être convaincu. Il n’est pas nécessaire d’être convaincu que ce que l’on avance est vrai et irréfutable, il faut simplement être convaincu que ce que l’on présente convaincra et saura marquer les esprits. Là, est l’art de la sophistique, savoir défendre tout et son contraire en étant convaincu que ce puisse être défendable.

Celui qui défendra l’idée selon laquelle la Terre est ronde s’appuiera sur des photographies car il saura que son argument fera mouche et suscitera de la conviction de la part de son orateur. Mais celui qui défendra la thèse inverse, selon laquelle la Terre est plate, pourra dire qu’on ne peut vouer une pleine et entière confiance à des photographies qui ont été prises par autrui et qui peuvent très bien avoir été travesties. Pour certains, cet argument pourrait faire toute la différence.

Ce qu’il est important de retenir et de bien comprendre, c’est que lorsque l’on s’exprime publiquement, que ce soit lors d’une tirade ou durant un débat, bien souvent on ne fait que défendre et apporter sa propre opinion sur laquelle on va argumenter et se fonder pour développer des théories. Ces opinions que l’on a nous paraissent bonnes pour nous-mêmes et nous semblent touchées par la grâce de la vérité. Néanmoins, ceux possédant des opinions différentes pourront penser de même sur les leurs … c’est en cela que nous avons utilité à débattre et à exprimer publiquement nos avis, pensées, théories et opinions, afin de pouvoir en discuter et s’enrichir des opinions dissidentes. 

Alors, lorsque l’on souhaite s’exprimer publiquement, faire part de théories, de pensées construites et développées, d’opinions mures et réfléchies, il ne faut pas se laisser submerger par ses émotions et surtout ne pas craindre le ridicule, car le plus ridicule n’est pas celui qui ose s’exprimer, mais celui qui se moque sans oser. Exprimer son opinion est donc une action très louable qui ne doit pas être limitée par la peur d’autrui. Celui qui n’acceptera pas votre opinion, parce qu’elle est différente ne méritera pas que vous la lui partagiez car si même Voltaire affirmait que « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire », quiconque pourrait vous empêcher de partager honnêtement vos pensées ?

La liberté de conscience et de pensée que nous possédons aujourd’hui est un des biens les plus précieux que nous ayons en nous, alors il faut savoir s’en servir pour faire évoluer nos sociétés et oser la mettre en pratique malgré ses réticences afin d’assurer la pluralité de conscience et d’opinions, si chère à toute démocratie libérale et à toute évolution culturelle.

INTERVIEW DE STEWOOD

Artiste multidisciplinaire, Stewood est à la fois photographe, artiste plasticien et chanteur. Rencontre ce créateur bordelais.


J’ai commencé par faire de la photo en amateur, je me suis ensuite tourné vers la musique, j’ai composé quelques chansons. Je ne me considère pas comme un grand chanteur mais plutôt comme quelqu’un qui adore faire des chansons. J’aime trouver la mélodie et écrire les paroles. Je me considère pas vraiment comme un peintre, je trouve ça un peu prétentieux. Je fais des collages à base de peinture acrylique. Je suis exposé à Ekko Galerie à Bordeaux depuis bientôt deux ans et c’est une grande fierté, parce que je ne pensais pas arriver à ce stade. J’ai tout appris par moi-même en autodidacte.

Je me retrouve là, à parler de moi et de mon travail, qui pour moi n’est même pas un travail puisque c’est plutôt une passion. C’est ce qui me sauve au quotidien, de toujours créer quelque chose.

TACK : Comment est venue cette envie de faire de la pratique artistique, en commençant par la photographie ?

C’est quand j’étais très jeune, mon père avait un appareil photo argentique à l’époque, et je voulais toujours l’utiliser. J’adorais les photos, être à la fois celui qui est pris en photo, le modèle ou le photographe. Très rapidement, j’ai eu mon premier appareil photo à l’âge de 14 ans, j’avais mes meilleures ami.e.s et je les faisais posés comme des stars. C’était de la photo artistique.

Tu évoques cet aspect de starification, c’est un élément récurrent dans tes œuvres ? C’est très présent dans tes photographies, qui mettent en valeur tes modèles, ou par rapport au collages que tu réalises, qui reprennent les éléments de couvertures de mode ou de pop-culture cinématographique.

C’est vrai que ça me fait toujours rêver le monde d’Hollywood et le monde des paillettes, tout en sachant que ce n’est pas si rose. Je trouve que le monde des stars est rattaché à notre identité, ça fait partie de nous, qu’on aime ou non certaines chansons ou certains films. Je remarque surtout cela dans mes collages, je me retrouve à composer des éléments de films ou de séries que je n’aimais pas il y a dix ans, mais qui sont restés cultes.

Est-ce que tu as des références par rapport à certains artistes ? Par exemple, on retrouve beaucoup d’inspirations du pop-art dans tes collages.

C’est voulu, j’adore la pop-culture et le pop-art. J’ai besoin de couleurs, que ça détonne. J’ai besoin que le résultat parle de lui-même. Pourtant, j’ai pas de référence d’artiste, je ne suis pas basé sur un modèle. Et d’ailleurs, c’est pareil pour mes chansons. Je pars toujours d’une idée et j’essaye. Je tente des choses différents, il y a des tas de créations que j’ai fait, dont j’étais pas satisfait et que j’ai pas montré, parties directement à la poubelle.

J’aime créer, et je déteste copier ou m’inspirer. Si j’ai des inspirations, c’est plus en moi et ça vient naturellement.

Concernant la photo, toujours dans cette volonté de de starification, on peut avoir l’impression, dans le choix des prises de vue, des angles, des choix de cadrages et de pauses, que les clichés s’inspirent de ceux pris par les paparazzis. Est-ce qu’il s’agit d’une ressemblance consciente ?

C’est vrai que quand je fais un shooting photo avec un.e modèle, je prends beaucoup de photos et quand je fais la sélection, je choisis la photo qui n’était pas forcément posée et qui peut sous-entendre qu’elle a été volée. En fait, j’aime capter le moment ou le geste inattendu, qui donne une dimension différente à la photo. J’ai fait beaucoup de voyages, j’ai fait des photos de paysages mais ça m’ennuie. J’aime le fait de prendre une personne en photo, parce que cet instant, il est unique. Je trouve cela hyper intéressant de mettre en valeur le modèle. Tout le monde mérite d’être beau. J’adore la réaction des gens quand ils voient en photo, et qu’il sont contents du résultat, c’est une petite fierté et ça me donne envie de continuer. J’aime bien ce travail avec les modèles : au début, ils sont très timides, ils n’osent pas bouger, et après ils sont à l’aise. Et puis dans la photographie, il y a également ce qui vient après la séance de shooting, il y a les retouches, la sélection… c’est du temps.

Comment est-ce que tu es venu à cette transition entre les arts visuels et la musique ?

Des chansons, j’en fais depuis tout petit. Je faisais des chansons sans musique, et après je rencontrais les bonnes personnes qui me composaient les instrumentales. Je suis pas un musicien, je trouve la mélodie, je trouve les paroles. De nos jours, c’est tellement facile de proposer notre musique sur les réseaux, sur YouTube… Du coup, j’ai développé un univers visuel autour de mes compositions avec des clips. Je ne savais pas faire, j’ai appris sur le tas, ça fait une dizaine d’années que j’ai fait mes premiers montages. Maintenant, je trouve que ça va de soi : le clip, c’est le petit film qui porte la chanson.

C’est difficile de te caractériser dans une catégorie, comment est-ce que tu qualifierais ton style musical ?

Le seul style, c’est ma voix et ma mélodie mais j’aime tous les genres de musique. En France comme partout, on aime bien classer les styles de musique, moi je me considère plus comme un chanteur de variété, mais quand on fait référence à la variété, on a tout de suite en tête les vieilles chansons. Pour moi, la variété, j’associe cela à de la pop. Pour me qualifier entièrement, je dirais que je fais du pop-rock-électro.

Ces morceaux ont-ils un message ? Une certaine vision engagée ?

J’ai envie de faire rêver les gens. Je pense qu’après tout ce qu’on a vécu (la crise sanitaire, économique, sociale et écologique, ndlr.) les gens ont envie de s’évader et de penser à quelque chose : je parle d’une plage qui fait rêver, je parle du cowboy de ta nuit, d’une pop star de trottoir… c’est des sujets pas prises de tête qui peuvent parler à tout le monde. J’ai mes idées, mes convictions mais je ne souhaite pas forcément les mettre en avant. L’idée c’était surtout de proposer quelque chose d’assez léger. En même temps, c’est très dur d’écrire en français sans tomber dans la niaiserie, j’espère avoir réussi à proposer un bon mélange.

Comment est-ce que tu arrives à jongler entre différents styles d’expression : la musique, les collages et la photographie ? Est-ce que c’est facile d’arriver à produire quand on a autant de choix de médiums ?

Il faut savoir que ce n’est pas mon métier, je suis agent administratif dans une entreprise, j’ai du temps pour faire ce que j’aime et je n’ai aucune obligation. Je n’ai pas la pression d’un artiste qui doit livrer constamment, Je ne suis pas connu. Je me fais plaisir avant tout, je me lève et je me dis qu’aujourd’hui je pourrais faire un peu de musique, ou je pourrais tenter un tableau, un collage. Il y a quand même toute une phase de jeu avec la pré-production, c’est la réflexion avant la réflexion. Pour les photos, forcément il y a besoin de préparer, de trouver le modèle, d’avoir des idées de mises en scène, de décors… Lorsqu’il s’agit de tableaux, j’ai plein de magazines pour m’inspirer, je découpe les photos qui me parlent, qui me semblent cultes. Avec la période que l’on vient de vivre, heureusement que j’ai pu m’exprimer pour m’évader. Pour moi, l’art c’est une bulle de liberté.

Est-ce que tu tentes souvent de rebondir entre tes différentes pratiques artistiques ? Tu essaies de les faire correspondre chacune entre elles ?

Le seul lien, c’est moi. Après, je n’ai encore jamais fait de collages de mes propres photos, c’est dans un coin de ma tête. L’album « Boulevard », que j’ai produit depuis six mois, c’est un aboutissement et une expérience qui m’a permis de mixer mes différents arts. J’ai fait, à la fois les chansons, mais j’ai aussi préparé trois clips avec Camille Rapin : il est modèle, assistant, caméra-man, on fait ça en tandem. Dans un de mes clips, j’ai filmé un de mes tableaux, et dans la pochette de l’album, j’ai pris une photo d’un de mes modèles. Donc finalement, les trois arts se rejoignent dans ce projet.

TACK’antine N°6 : La pizza au basilic

Ingrédients :

. 1 pâte à pizza

. De la sauce tomate

. 1 boule de mozzarella

. Du basilic frais

. 8 tomates cerises

Sur la pâte à pizza, étaler de la sauce tomate et disposer des rondelles fines de mozzarella. Enfourner à 180°C pour 15 minutes. Ciseler des feuilles de basilic et mélanger avec 3 CS d’huile d’olive. Disposer du basilic frais, des tomates cerises et ajouter l’huile au basilic.

TACK N°11 : DARE.

Game Developers Choice Awards

By Bastien Silty and translated by Maia Sefton.

During the past year we have had the chance to approach a great number of subjects, which include a huge number of independent video games.We studied these games by taking them out of the authors’ ludography. A ludography is a study of an author’s games as a whole. This year i will specify the stories of these creators and the studios. I will start with a main actor in the independent video game scene: Edmund McMillen.


Last year started with GREY, his fairy univers with colorful landscapes. But let us dare to stray away from that and to take more of an interest in the gross and muddy, meat, boogers and childhood traumas. In this very particular university of McMillen uncontested and unmatched we are going to take an interest in a few of his games such as: Super Meat Boy (2010 PC), Binding of Isaac (2011 PC and the different extensions like Binding of Isaac: Rebirth and Afterbirth), The End is Nigh(2017, PC and Switch) and The Legend of Bum-bo (2019, PC, Iphone, Switch).

To give you a quick rundown of the games we find 2 genres: The platform games with Gish, Super Meat Boy and The End is Nigh, but also Role Playing Games (RPG) with the different opuses of The Binding of Isaac and The Legend of Bum-bo. The platform games, here they are in two dimension, are games that consist of moving a character forward from a point A to a point B like the Mario games. The RPG gathers up all the games where the player becomes the character whose abilities evolve during the game. Even though a plethora of sous categories, we are going to specify 2 of them: Roguelike for Isaac and puzzles for Bum-bo. The term roguelike refers to games similar to Rogue (1980, PC and consoles). The player is a character moving from room to room collecting objects and experience that will allow him to become strong enough to defeat the final boss. The RPG puzzles consist of solving puzzles to unlock rewards that will make solving the next puzzle or fighting the next boss easier.


Going back to Edmund, born in California in 1980, he grew with his grandmother and his drawings of monsters. He abandonnes his career as a comic artist to throw himself into video games at the start of the 2000s. So it’s time to do a quick tour of his univers to understand just how the gross is obscured by the fun of the game?

McMillen strays from the recent watered down productions of video games, the most popular reason to explain the Fortnite (2017, PC) phenomenon is it’s gentleness and it’s childish design. Our independent creator starts his production by coding a huge heap of mud squishing his enemies, he then created a story around a boy made of meat saving the princess of plasters from the hands of the evil Dr.Foetus. What followed was a sketch of a child who cries to defend himself from a mother who is possessed by Christ, who is trying to kill him, so he must insert himself into her uterus to destroy her heart. On a nicer note, you have to collect human limbs to build a friend while a baby throws his teeth, poop, boogers and tears at cardboard enemies. If all this seems very pictorial, it isn’t, that is literal the description of the game.


In the Tack n°9 and the study of the revolution of a genre with Celestewe have seen that a successful gameplay is necessary for a game to be recognised by its peers. McMillen had a stellar gameplay to be recognised as an excellent game creator. He handles the curve progression brilliantly. Thus, the game gets harder and harder the more and more you play it.

TACK N°13 : ALL MEN ARE RAPIST

Translated by Maia Sefton

(trigger warning: sexual harassment)


Every single man evolves in a society that gives him the privilege to dominate and authorises even sometimes urges them to be dangerous for women to preserve the control they already have over them.

The simple fact of being a man lets them enjoy an impunity regarding sexual harassment and rape, it can even encorage it : It’s known as rape culture. Even a man who allies himself with feminism is sexist since he has integrated violent behaviors due to the patriarchy he was raised in. Not integrating actions that come from rape culture is virtually impossible due to the unavoidable male based culture, so it’s more important to focus on how the actions manifest themselves and not whether or not they exist.


That’s why it’s important to not make any exceptions: all men are concerned since they are all privileged within the patriarchal system- and they all need to hold themselves accountable for their bad habits and take responsibility for them so they stop happening.

We can’t forget that a rape isn’t necessarily violent, it’s also nagging someone into sex, taking their chance with someone while they’re asleep or drunk, using their love as blackmail, knowing that someone can’t say no or abusing their social status and power to coerce someone into sex.


This also brings to light a certain taboo: In 94% of cases the rapist is close to their victim. There is no way to spot a rapist so no way to anticipate sexual harassment; no particular physical trait, no job or attitude that would allow us to spot the danger. The rapist is a regular man that we know, have talked to, laughed with or gotten a coffee together. Nothing let’s us know that he would rape yet he does. Keeping an eye on man, all me, now seems extremely necessary. And it is a huge ask of women who are the ones who have to be “responsible” and on the lookout 24/7 for these pervs who are a minority – because it’s only a handful of “disturbed people”- but omnipresent nonetheless- because you have to be careful all the time, everywhere. “So how to stop men from raping?”.

TACK’antine N°5 : Tartines au curry

Ingrédients :

. 4 tranches de pain

. Sauce tikka massala

. 1 petite courgette ronde

. Fromage râpé.

. Ciboulette.

Étaler de la sauce tikka massala sur les tranches de pain. Disposer deux ou trois rondelles de courgette puis du fromage râpé. Enfourner 7 minutes à 180 °C. Parsemer de ciboulette et de poivre.

TACK N°12 : Not all heroes wear capes

Illustrated by Bettina Lormeau

By Lino and translated by Maia Sefton.

Do you need a cape, tights, red underwear and a sigil on your chest to be a superhero? If these clichés, imposed by the american comic book culture after the second world war, they’re nowadays a norm in everyone’s collective imagination for superheroes but they may no longer be beholden to that. A superhero is defined by his or her supernatural powers that they use for the greater good.


They can, depending on the hero, fly, lift cars or see through walls. However a superhero is a creation of fiction. An image, a drawing, an actor. Except that a superhero doesn’t need to embody all of these characteristics to be a hero. The hero, a true hero, is someone who lives on your street, who doesn’t have to wear a mask to use his “powers”. The real heroes of our world aren’t the ones in the cinema (especially not right now), but the ones who in our daily lives even the most boring and monotone days.


There are in fact heroes out there whose stories deserve to be put on a pedestal, for example the story of Stephane Ravacley is deserving of become a scenario for a comics film. Stephane Ravacley is a baker in Besançon. Laye Fodé Traoré, 19 years old is an apprentice in his bakery and was forced to leave the metropolitan french territory once he reached adulthood.


To fight against the expulsion of his apprentice, the baker started a hunger strike on the third of January 2021.


This news was spread through multiple medias and his actions allowed Laye to stay in France. Even if no adaptations of his story have been made, it is undeniable that Stephane Ravacley can be considered as a true hero.


He shows himself to be one by putting his own health in peril to help someone whose own danger looms over them. “ If we don’t do something exceptionnel at some point in our lives(…) ” said the baker to the media Brut.


To do something exceptionnel. Stephanes exploit leads us to question what a superhero is. A superhero is no longer just a fictional character. He is no longer just a drawing but becomes a real person in our world.


He can become one of us depending on what we choose to do. * To do something exceptional. These words from Stephane Ravacley resound deeply today. At the time of Coups, protests and social, economic and sanitary crises, doing something exceptionnel is heroic.


Being an everyday hero is a fight. A fight that we need to lead armed with undoubtable kindness and courage for all circumstances.


Our turn.

TACK’antine N°5 : La mousse au chocolat.

Cette recette est végétalienne.
Proposée par Mayli.

Ingrédients :

⚫️ 220 mL d’aquafaba froid

⚫️ 170g de chocolat noir

⚫️ 50g de sucre.

Faire fondre le chocolat à feu doux et le laisser refroidir pour qu’il soit à température ambiante tout étant encore liquide. Fouetter l’aquafaba froid dans un bol au batteur électrique et ajouter le sucre en filet au bout de 5 minutes.

Quand l’aquafaba est bien monté (10 minutes en tout), incorporer délicatement le chocolat avec une spatule. Réserver une nuit au réfrigérateur.

Les sorcières effraient encore le patriarcat.

Écrit par Mayli, illustré par @ecchymog

La chasse aux sorcières de la Renaissance comptera quelque 100 000 exécutions en Europe dont  principalement des femmes vielles, pauvres et rurales. Entre 1560 et 1660, la répression est  brutale, notamment le long du Rhin, mais les femmes sont coupables par nature dans la religion  catholique. L’église, qui incite fortement à la délation de ces femmes juives, est bien à l’origine du  mythe de la sorcière perverse et du sabbat, cérémonie diabolique dans laquelle orgies  fantastiques et cuisine à base d’enfants se mêlent. La sorcière apparait d’autant plus menaçante  qu’elle est juive, sa persécution repose alors beaucoup sur un imaginaire du complot dans le  cadre d’une répression des hérésies troublant la chrétienté. Si une femme était soupçonnée d’être  une sorcière, c’est-à-dire si elle parlait fort ou vivait seule, elle pouvait être torturée jusqu’à trouver  la marque du diable ou n’importe quelle cicatrice qui confirmerait son pacte avec lui. Elle était  aussi parfois ligotée et jetée à l’eau : si elle restait à la surface, les soupçons étaient confirmés et  elle allait au bûcher, si elle coulait, c’était une femme ordinaire mais désormais noyée. La lutte de  l’église est redoutable car le diable est accusé de causer tous les malheurs, à savoir le schisme et  les épidémies – épidémies amplifiées par le nombre croissant de rats à cause des tueries  massives de chats, animal associé à la sorcellerie. Par ailleurs, le développement de l’imprimerie  permettra la diffusion spectaculaire du traité Malleus Maleficarum ( ou « marteau des sorcières » )  à la fin du XVème siècle qui diffuse l’idée de l’infériorité de la femme et de la menace des  sorcières. 

La sorcière, femme indépendante et libre inquiète en effet beaucoup les hommes. Car que reste t-il d’une femme qui n’a ni enfants, ni époux? De la puissance. La sorcière choisit son propre  mode de vie, faisant fi des pressions sociales qui demandent à une femme de ne pas avoir de vie  sexuelle trop intense, de se marier et d’enfanter, de ne pas utiliser ses savoirs. La sorcière vit  seule et s’épanouit en aidant la communauté grâce à ses précieuses connaissances  thérapeutiques, bien plus efficaces que les saignées encore pratiquées. La femme célibataire  qu’est la guérisseuse incarne l’indépendance, socialement dévalorisée dans l’éducation des  jeunes filles. En effet, pour celles-ci, l’épanouissement personnel est apparenté à la fondation  d’une famille alors que dans la culture masculine, il n’y a pas de mariage merveilleux mais un  désir de conquérir le monde. Si les vielles femmes sont les plus opprimées, c’est parce que leur  expérience leur apporte de l’assurance, renforcée par l’absence d’encadrement d’un mari. Elles  sont alors moins soumises que les jeunes filles, répondent aux juges et aux bourreaux, arrogance  évidemment condamnée dans le modèle patriarcal. De plus, le corps féminin vieillissant est une  figure de répulsion, les cheveux gris sont perçus comme un signe de négligence – ou de révolte –  puisque la femme doit évoluer le moins possible physiquement. Au contraire, la position  dominante des hommes les placent en sujet absolu : l’esprit rationnel est étiqueté masculin et le  corps naturel, féminin. Le vieillissement féminin est donc plus problématique, la femme n’étant  rattachée qu’à son corps : dans le poème Une charogne de Baudelaire, l’auteur décrit la carcasse  en anticipant le destin futur de son amante, sans penser au sien. 

Aujourd’hui, l’époque où l’on pensait devoir tuer la femme pour créer l’homme moderne est  révolue – si l’on ne tient pas compte des quelques 146 féminicides en France en 2019 (une femme  tous les deux jours et demi, augmentation de 21% sur un an). Le retour de la sorcière ces  dernières années est fracassant en littérature; les ouvrages Les Sorcières de Céline du Chéné,  issue d’une série documentaire sur France culture (2018), et Sorcières La puissance invaincue des  femmes (2018) de Mona Chollet, se complètent harmonieuxement pour une rencontre profonde  avec les sorcières. Néanmoins, déjà à la fin des années 1960, certains mouvements féministes  s’emparent de la figure de la sorcière comme symbole de rébellion. Le groupe WITCH (Women’s  International Terrorist Conspiracy from Hell), né le jour d’Halloween de 1968 à New York, montrait  sa mouvance anti-capitaliste en jetant des sorts devant Wall Street. Les sorcières américaines  continuent de se réunir pour ensorceler le président au pied de la Trump Tower, et en France, le  Witch bloc Aix-Marseille manifestait en 2019 contre « la marche pour la vie » qui s’attaquait au  droit à l’avortement, avec des slogans « le conservatisme, du balais » ou « des embryons pour  notre potion ». L’archétype de la sorcière n’est pas uniquement repris pour la cause féministe, les  luttes sont nombreuses pour la sorcière – plutôt blanche et plutôt de milieu aisé – d’aujourd’hui  comme le proclame le manifeste du Witch bloc Aix-Marseille: « féministes, exclusives,  anarchistes, intersectionnelles, contre les oppressions systémiques. Nous sommes antiracistes,  antifascistes, anticapitalistes, antivalidistes, protravailleuses du sexe, militons pour les droits de  toutes les femmes, cis ou trans, des personnes LGBTQI+, des personnes racisées et notre groupe est anonyme et en non-mixité. » Néanmoins, ce mouvement contemporain ne fait pas  consensus et dénote d’un certain white feminism qui s’approprie culturellement des pratiques qui  lui sont étrangères et se revendique qu’une mémoire qui n’est pas la sienne. Les féministes  racisées rient devant l’oppression que subiraient certaines sorcières néophytes blanches  d’aujourd’hui et devant leur ascendance falsifiée. 

Buda Pest

par Pierre Chenoune-Liraud

Aujourd’hui capitale hongroise, la ville de Budapest que l’on connaît comme n’étant qu’une seule et même ville, s’est longtemps avérée être trois villes voisines, Buda, Pest et Obuda.

La perle du Danube, comme on la surnomme, est bien empreinte d’histoire. De ces trois villes concurrentes, séparées par le Danube, est né celle que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Budapest.  

À partir de quand, dans l’histoire, avons-nous pu parler de Budapest en tant que telle ?  

Il faut, pour cela, remonter au XIXème siècle, plus précisément en 1873, année où les trois villes de Buda, Pest et Obuda fusionnent pour donner ainsi naissance à la métropole de Budapest, telle que nous la connaissons. Bien qu’en réalité, cette idée avait déjà germé dans l’esprit des Hongrois dès 1849 où une première fusion avec une administration commune s’opère sous l’impulsion d’un gouvernement révolutionnaire. Elle est finalement révoquée à la suite de la reconstitution de l’autorité des Habsbourg. C’est donc bel et bien en 1873 que la fusion de ces trois villes prend vie définitivement. 

Pourquoi ces trois villes ?  

À l’époque déjà, Buda était la capitale de la Hongrie, mais n’était ni la ville la plus grande, ni la plus peuplée, à la différence de Pest. 

A priori, peu d’explications sont trouvables concernant la fusion de ces trois villes. Il faut alors regarder l’histoire à l’envers et voir quelles conséquences cette fusion et le redécoupage administratif a pu avoir.

L’Histoire nous apprend alors qu’à la suite de cette fusion, Budapest la nouvelle-née se trouvait être la plus grande ville, tout comme la plus peuplée de Hongrie, ce qui la propulsa au rang de seconde capitale de l’empire austro-hongrois, après Vienne. La  ville, de surcroît, devint une véritable ville mondiale et prit un poids considérable dans toute l’Europe. Riche de son patrimoine culturel développé et de son économie, la ville de Budapest sut jouir d’une réelle croissance démographique et économique. 

Quelles conséquences cette fusion a eu sur le long terme ?  

Dès la fusion des trois villes, Budapest est devenue une ville aux dimensions très importantes pour la Hongrie. Mais à partir de 1920 et du traité de Trianon qui « expropria » la Hongrie d’une partie de son territoire, la répartissant dans les pays alentours tels que la Serbie, la Roumanie ou la Croatie, Budapest devint une  véritable mégapole à l’échelle de la nouvelle Hongrie, considérablement réduite par ledit traité.  

Aujourd’hui, Budapest est parmi les capitales les plus dynamiques et importantes d’Europe. De son prestige de capitale, elle assure le rôle de siège des institutions politiques du pays, notamment avec le célèbre Parlement hongrois bordant la rive gauche du Danube. Budapest est aussi un pôle économique très important, ainsi qu’un espace culturel reconnu, attirant chaque année 4,3 millions de touristes, désireux de découvrir le Bastion des Pêcheurs, le Pont à Chaînes, le Château de Budapest, la basilique Saint-Stephen…  

La capitale hongroise a ainsi su bénéficier grandiosement de cette fusion, lui apportant un renouveau considérable, à elle, ainsi qu’à la Hongrie toute entière.  

Lyon et ses Lumières

par Pierre Chenoune-Liraud

À Lyon, durant la période de Noël, ne comptez pas sur la ville pour suspendre de petites guirlandes lumineuses violettes, rouges et vertes. Ne vous attendez pas non plus à voir un père Noël au centre commercial de la Part-Dieu. Non, à Lyon, ayez des attentes plus spectaculaires, voyez les choses en grand, faites preuve d’imagination et d’esprit créatif… Rendez-vous à la fête des Lumières.  

Mais la fête des Lumières, qu’est-ce que c’est ?  

La fête des Lumières est tout simplement le grand événement qui  rassemble tous les Lyonnais et les touristes qui ont fait le déplacement  pour admirer çà et là dans la capitale des Gaules -Lyon-, de magnifiques projections lumineuses accompagnées de musiques en tous  genres qui font vibrer toute la soirée durant, les rues lyonnaises. Lors de celle-ci, admirez la magie que procurent les somptueuses projections desquelles Disneyland n’arrive pas à la cheville. Mais surtout, n’oubliez pas d’admirer, contemporainement, les monuments qui servent de toile de fond aux lumières. Découvrez ainsi la grande Cathédrale Saint Jean-Baptiste, le palais de justice et les maisons mitoyennes du Vieux-Lyon qui bordent la Saône, la place Bellecour, l’intérieur du Grand Hôtel Dieu, le Château Lumière (résidence dans laquelle vécurent la famille Lumière), le Parc de la Tête d’Or, la rue de la République, la place des Terreaux et bien entendu…  la Basilique de Notre Dame de Fourvière, illustre édifice, symbole de la ville de Lyon nichée sur les hauteurs de la Colline de Fourvière. Bien entendu,  d’une année sur l’autre, de nouveaux bâtiments se retrouvent sous les feux des projecteurs, tandis que d’autres restent dans la pénombre.  

Mais alors, d’où vient cette fête mondialement reconnue ? Originalement, au début du mois de novembre, les Lyonnais déposaient un lampion sur leurs fenêtres pour fêter la vierge Marie et l’immaculée conception. Sachez chers lecteurs qu’à Lyon, on voue une adoration particulière pour la vierge Marie qui domine la ville du haut de la basilique de Fourvière. La légende raconte que cet amour est dû au fait que Lyon lors de l‘épisode de la peste noire, s’est trouvée particulièrement épargnée, des suites de nombreuses prières faites par les  Lyonnais depuis la colline de Fourvière à cette époque. 

Et aujourd’hui, modernité et avancée technologique obligent, les lampions ont été remplacés par des matériels de grande qualité qui, tous les ans, le temps de quatre jours en décembre, plongent la ville dans une explosion multicolore de lumières et de sons, comme un avant-goût de paradis dans la ville des lumières.

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